Les 30 plus belles citations de Don Quichotte (Cervantès) sur le rêve et l’idéal

Don Quichotte de la Manche, héros du roman éponyme de Miguel de Cervantès publié en deux parties (1605 et 1615), est l’une des figures les plus emblématiques de toute la littérature mondiale : un gentilhomme espagnol qui, l’esprit tourneboulé par la lecture des romans de chevalerie, décide de se faire lui-même chevalier errant et de partir redresser les torts du monde. Ses répliques traversent les siècles parce qu’elles touchent à quelque chose d’universel : la tension entre le rêve et le réel, entre la grandeur que l’on porte en soi et la médiocrité que le monde nous renvoie. Toutes les citations ci-dessous sont des traductions françaises de l’espagnol original.

Citations sur la quête de l’idéal et la vocation chevaleresque

« Je sais qui je suis, et je sais que je puis être, si je le veux, non seulement les personnages que j’ai nommés, mais encore les Douze Pairs de France, et même les Neuf Preux, puisque mes exploits surpasseront tous ceux qui, dans les siècles passés, ont rendu illustres les chevaliers errants et les grands capitaines. »

« La chevalerie errante est une science qui renferme en elle toutes les autres sciences du monde, ou du moins la plupart d’entre elles. »

« Tu vois là-bas, ami Sancho Panza, trente ou un peu plus de gigantesques géants avec lesquels j’ai l’intention de combattre, et dont je prendrai toutes les vies ; c’est rendre un grand service à Dieu que d’ôter de la face de la terre cette mauvaise race. »

« Ce n’est pas à moi de redresser les autres, de les corriger ou d’en obtenir satisfaction, si ce n’est pour les injustices qui me seraient faites à moi-même. La chevalerie errante est faite pour cela. »

« Les entreprises difficiles et les travaux inouïs ont été réservés aux hommes extraordinaires. C’est ainsi que la Fortune a voulu que les chevaliers errants existassent dans le monde. »

« Aucune route n’est mauvaise pourvu qu’elle mène à un but noble, et aucun but n’est honteux pourvu qu’il soit vertueux. »

Citations sur le rêve, l’imagination et l’enchantement du monde

« Les sages enchanteurs prennent soin de mes affaires, et ceux qui me sont ennemis transforment et changent toutes choses ; ils changent celles qui me sont agréables en ce qui les afflige, et celles qui m’affligent en ce qui leur plaît. »

« Je vis, dans cette caverne, les choses les plus belles et les plus riantes que l’esprit humain puisse concevoir. Les Champs-Élysées eux-mêmes ne peuvent leur être comparés. »

« Dis-moi, Sancho : as-tu jamais vu un chevalier plus vaillant que moi dans tout l’univers connu ? As-tu lu dans les chroniques de chevalerie un autre qui eût plus de cœur pour attaquer, plus de souffle pour persévérer, plus d’habileté à blesser, et plus d’adresse à renverser ? »

« Ce que l’esprit imagine avec force, la main et le bras l’accomplissent. Et quand le cœur y consent, il n’est point d’impossible. »

« Les géants sont réels, Sancho. Ce sont tes yeux qui sont enchantés, et non les géants qui sont des moulins. »

« Je ne sais si je rêve ou si je veille, si je suis dans un palais ou dans une chaumière ; mais je sais que là où est Dulcinée, là est mon paradis. »

« Les songes ne sont pas tous des mensonges ; parfois ils préfigurent ce que la réalité accomplit en son heure. »

Citations sur la liberté et l’honneur

« La liberté, Sancho, est un des plus précieux dons que le ciel ait faits aux hommes ; les trésors que renferme la terre et que recouvre la mer ne sauraient lui être comparés ; pour la liberté, comme pour l’honneur, on peut et on doit aventurer la vie. »

« L’esclavage est le plus grand mal qui puisse tomber sur les hommes. Je dis esclavage, entendant par là toutes les servitudes que l’âme subit quand elle trahit ce qu’elle croit juste. »

« Heureuse l’âge et heureux les siècles auxquels les anciens donnèrent le nom d’âge d’or, non parce que l’or, si estimé en cet âge de fer, s’y trouvât sans peine, mais parce que ceux qui vivaient alors ignoraient ces deux mots : le tien et le mien. »

« L’honneur est le patrimoine de l’âme, et l’âme n’appartient qu’à Dieu. Il en résulte que seul peut être déshonoré celui qui consent à l’être. »

« Malheureux celui qui n’a pas d’idéal à défendre, car il n’a alors rien pour quoi vivre ni rien pour quoi mourir. »

« Je souffre de mille maux, mais je ne me plains pas, car un chevalier errant qui se plaint de sa blessure, même légère, ne saurait être honoré. »

Citations sur l’amour de Dulcinée et l’idéal féminin

« Dulcinée du Toboso est la plus belle femme du monde, et moi le plus malheureux chevalier de la terre ; et il ne serait pas juste que ma faiblesse méconnût cette vérité. »

« Que me font les richesses et les couronnes, si je ne les dépose pas aux pieds de Dulcinée ? Tous les triomphes n’ont de prix que par le regard de celle à qui ils sont dédiés. »

« Une seule de ses tresses vaut mieux que toutes les chevelures de la Grèce antique, toute l’Arabie heureuse et tous les cheveux des Troyennes ensemble. »

« Je ne combats pas pour la gloire, Sancho. Je combats parce que Dulcinée le mérite, parce qu’elle est l’idéal fait femme, et que sans idéal un homme n’est qu’un corps sans âme. »

« Il me suffit de penser et de croire que la bonne Aldonze Lorenzo est belle et honnête ; sa race m’importe peu. Je lui donne le titre de maîtresse de mes pensées, et personne ne peut me l’ôter. »

« Un chevalier errant sans amour est un arbre sans feuilles, un édifice sans fondement, une ombre sans corps qui la produit. »

Citations sur la sagesse, la folie et la connaissance de soi

« Que celui qui pense que les blessures faites par les armes entraînent la honte se trompe grandement. Les blessures reçues dans les combats donnent de la gloire, et non de la honte. »

« On peut perdre aux échecs de l’existence, mais on ne doit jamais perdre la noblesse de cœur avec laquelle on joue la partie. »

« Le monde entier est une comédie dans laquelle chacun joue son rôle jusqu’à ce que la pièce soit terminée. »

« Celui qui lit beaucoup et voyage beaucoup voit beaucoup et sait beaucoup. Mais le vrai savoir commence quand on sait ce que l’on veut être. »

« Me voici couché sur le lit de la mort, et je voudrais pouvoir mourir d’une façon telle que ma vie ne parût pas avoir été si mauvaise que je laissasse le nom de fou. »

« Tout ce qui touche aux armes exige plus de labeur de l’esprit que des mains. Et pourtant les gens d’épée passent pour moins savants que les gens de plume. C’est une grande injustice de ce monde. »

« Il y a deux espèces de fous dans le monde : les uns qui ne savent pas ce qu’ils font, et les autres qui le savent et qui le font quand même. Je suis du second genre, et c’est pourquoi j’espère être pardonné. »

« La vertu est si puissante que, si Ganelon, Judas et Cassandre se réunissaient pour la persécuter, ils ne viendraient pas à bout de la ternir. »

« Chacun est fils de ses œuvres, et sous le manteau du roi tout homme est homme. »

Don Quichotte nous apprend que la folie et la grandeur d’âme ne sont parfois séparées que par le regard qu’on leur porte, et que l’idéal, même non atteint, transforme à jamais celui qui a eu le courage de le poursuivre. Ses mots dépassent la fiction parce qu’ils posent une question à laquelle chaque génération répond à sa façon : que vaut une vie vécue sans géants à combattre — fussent-ils des moulins ?

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