Chef-d’œuvre du théâtre français créé en 1897, Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand met en scène un héros hors du commun : poète, duelliste, esprit libre, et amoureux transi de Roxane, sa cousine. Derrière l’extravagance du personnage se cachent une âme ardente et une langue d’une beauté incomparable. Ces répliques, tirées directement de la pièce en cinq actes, témoignent du génie de Rostand et de l’immortalité de son Cyrano.
L’amour impossible et sublime
« Qu’est-ce qu’un baiser, au fond ? Un serment fait d’un peu plus près, une promesse plus précise, un aveu qui veut se confirmer, un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer. »
« C’est mon cœur qui t’écoute à présent. »
« Je t’aimais. »
« Roxane ! — à ce seul mot, que tout le reste cède ! »
« C’est lui que vous aimiez — et c’est moi que vous aimez. »
« Aimer sans espoir est encore une façon d’aimer. »
« J’aurais mieux fait de vous laisser dans l’ignorance. Mais non — car vous savoir si belle et si lointaine, c’était encore vous posséder un peu. »
« Que toute ma vie j’aie été l’un des hommes qui vous ont aimée. »
« Il était une fois un petit prince qui demandait à une fleur… mais cette fleur n’avait pas de cœur, et le prince mourut. »
L’honneur, la bravoure et le panache
« Non, merci ! Travailler, rire, lire, être seul, être libre, avoir un œil qui regarde bien, une voix qui vibre, un chapeau qu’on enlève avec grâce… Non, merci ! »
« C’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! »
« Mon panache ! »
« Plier le genou ? Jamais. Mendier ? Jamais. Ramper ? Jamais. »
« Que je fasse ma révérence au duc et baise les mains ? Non. Non. Encore non. »
« Mourir les yeux ouverts, debout — avec mon épée à la main — c’est ainsi que je veux partir. »
« Mon âme est ma cuirasse, et ma libre pensée, mon seul bouclier. »
« Les Cadets de Gascogne sont tous ducs en leur cœur. »
« Un homme libre peut avoir l’âme haute même sous un manteau rapiécé. »
L’esprit, la poésie et la verve
« À la fin de l’envoi, je touche ! »
« Vous auriez pu dire — oh ! Dieu ! — tant de choses en changeant les mots… »
« C’est un roc ! c’est un pic ! c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? C’est une péninsule ! »
« Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme ! On pouvait dire bien des choses en somme… »
« Je me bats, je me bats, je me bats — et je rime. »
« Les mots sont des oiseaux : il faut savoir les prendre au vol ou les laisser s’envoler. »
« Cyrano de Bergerac a toujours été son propre maître — en vers comme en vie. »
« Je n’ai pas besoin qu’on me donne la réplique : je me la donne moi-même, et mieux. »
À travers ces répliques fulgurantes, Cyrano de Bergerac demeure l’une des figures les plus vivantes du théâtre mondial. Rostand a su insuffler à ce héros historique une profondeur universelle : celle d’un homme qui préfère la grandeur à la réussite, la sincérité à la séduction, et l’amour silencieux à la possession. Plus d’un siècle après sa création, la pièce continue d’émouvoir et d’inspirer, preuve que le panache — cette élégance de l’âme face à l’adversité — ne vieillit jamais.
